L’objectif de cette recherche est d’apprehender les punitions corporelles en tant que phenomene educatif au regard des droits des enfants a partir des representations sociales des parents ordinaires. L’etude a implique des meres et peres de familles biparentales, sans risque economique, habitant la ville de Barranquilla en Colombie. La demarche s’inscrit dans une perspective pluridisciplinaire combinant l’education familiale, la theorie des representations sociales issue de la psychologie sociale et les etudes sur la conscience du droit, issues de la sociologie juridique (Legal Consciousness Studies - LCS). Le recueil de donnees a ete realise avec deux instruments : le reseau d’associations et l’entretien semi-directif. Le premier permet de recueillir les mots evoques de facon spontanee a partir d’un terme inducteur et d’atteindre la construction du contexte semantique de la representation. L’analyse prototypique des reseaux avec le logiciel EVOC 2003 a permis d’explorer la structure representationnelle. Cinq objets de representations ont ete examines pour la caracterisation de son contenu et de sa structure : Punitions-recompenses, Droits de l’enfant, Autorite des peres et meres, Education dans la famille, Garcons-Filles. Cette approche a contribue a une comprehension approfondie du phenomene des punitions corporelles du point de vue des acteurs. L’analyse des entretiens a ete faite avec le logiciel Atlas.ti en s’appuyant sur les categories conceptualisantes. Cette analyse permet d’approfondir la connaissance des elements representationnels et leur relation avec la narration du quotidien par les parents. Les recits obtenus decrivent la reconstruction par les participants des discours issus de la tradition, du champ juridique et du champ savant, trois discours qui sont integres dans le reseau de la pensee sociale. L’examen de la reformulation du discours juridique et de la representation sociale des droits des enfants ouvrent la voie a la comprehension de la construction par les parents ordinaires d’une legalite particuliere.