Cet article présente un premier bilan des résultats du « Forum social mondial des économies transformatrices et alternatives en Amérique latine » (en abrégé : FSMET Lac). Il a démarré en 2019, à l’initiative d’institutions latino-américaines (universités, organisations sociales et communautaires, collectifs et réseaux citoyens). Il a donné naissance à des réflexions communes, à partir d’échanges de savoirs, entre les différentes visions, projets et objectifs de solidarité économique dans le sous-continent. Ce processus a permis de reconnaître la diversité des expériences associatives dans le champ économique, leurs points communs, leurs priorités et leurs perspectives, enrichissant la discussion qui a lieu aujourd’hui dans le champ – à la fois théorique et appliqué – de l’économie sociale et solidaire (ESS), avec leurs implications dans les territoires et leurs institutions. Les réflexions théoriques, fondées sur des expériences pratiques, ont montré l’hétérogénéité de l’économie solidaire dans ses réponses à la crise du projet néolibéral qui se manifeste dans la relation du capital au travail et dans la domination du secteur financier sur le secteur productif, ainsi que dans l’aggravation de la santé publique provoquée par le Covid 19. Les points de convergence apparus pendant le FSMET Lac ont été : - Redécouvrir le vieux principe du « bien vivre », ce qui veut dire des économies et des formes d’organisation qui se soutiennent mutuellement dans une éthique relationnelle : entre les personnes, et entre les personnes et la nature. L’écoute, l’observation et l’action respectueuse sont essentielles. - Souligner l’importance de la coordination collective pour répondre aux nécessités productives et reproductives de la vie, en mettant au centre le droit des communautés à un travail qui permette une alimentation saine et la souveraineté alimentaire. - La nécessité de sentir, penser et mettre en place des économies au service de la vie. La méthodologie du dialogue des savoirs a permis d’articuler les apports des 118 intervenantes et intervenants venant de toute l’Amérique latine et des Caraïbes, pendant une cinquantaine de rencontres en ligne. Au-delà de la présentation des alternatives économiques qui se développent, il y a eu des réflexions épistémologiques sur l’importance de l’art dans la représentation et la communication des savoirs, mais aussi comme moyen d’échange, notamment dans des espaces de savoirs et d’actions.