Les deux temps de L'inconscientEst-i l possible de penser l'inconscient avec le temps?Nous allons chercher d'articuler ces deux notions, en montrant de quelle façon cela se révèle nécessaire lorsqu'on se détache de l'hypothèse freudienne de l'inconscient spatial, développée par lui dans sa deuxième topique (Freud, 1981b), pour envisager l'inconscient comme réel, selon le dernier enseignement de Lacan.D'après Freud, l'inconscient est de l'ordre de la mémoire, de l'oubli, et il ne connaît pas le temps (Freud, 1968, p. 96; Freud, 1981a, p. 76): si le domaine du conscient est entièrement pris dans la dimension temporelle, l'inconscient en revanche, lui échappe.Cela est évident dans la conception du rêve chez Freud, où la temporalité est exprimée par l'espace 1 , l'espace de l'«autre scène» notamment, dans laquelle toute forme de chronologie est abolie.La cure aurait donc comme tâche, si nous suivons Freud, de dévoiler les processus inconscients, en les faisant passer d'une dimension hors-temps (Zeitlos) à la temporalité propre au sujet, une temporalité qui s'articule dans le langage.Différemment, pour Lacan, le temps a une affinité essentielle avec l'inconscient.Il y a au moins trois occurrences importantes où Lacan parle du temps, plus ou moins directement en rapport avec l'inconscient.En 1945 dans «Le temps logique ou l'assertion de certitude anticipée» (Lacan, 1966, pp.197-214), où il soutient que le temps chronologique est, dans la cure, subverti par la logique de l'inconscient, qui s'exprime par une temporalité propre.Et la fin de la cure, qui se manifeste par une certitude, toujours anticipée,